La deuxième édition de la 6666 Occitane vient de se terminer, et quelle édition !
Retour en arrière, vendredi 22 avril au soir.
Réunis sur la place de Vailhan, les trailers attendaient anxieusement le départ, sous un ciel plombé, gardant son chargement d’eau pour plus tard, mais pour quand ?
C’est ainsi que les fauves furent lâchés dans la nature sauvage, sous les encouragements d’un public comme on en voit rarement dans ce petit village. Le défilé s’étend, s’étire, serpente, grimpe déjà vers les petits sommets abrupts du secteur, égayant de ses frontales les collines vailhanaises.
Petite ambiance nocturne à Montesquieu Mas Rolland, puis sur les sentiers de chèvres les coureurs quittent pour un bon moment toute civilisation. Monotraces bordés de végétation fleurie, petit raidillons par ci par là, les trailers suivent un tracé aux virages serrés et débouchent enfin à Faugères. Renaud Rouanet, en relais à deux, y entre en premier, puis trois solos font leur apparition dans la même minute en 1h48’, Sylvain Couchaud, Bruno Bottollier et Raphaël Bodiguel. Hervé Giraud Sauveur, du Team Lafuma, semble à l’aise également.
Pendant ce temps-là, des éclaireurs vérifient le balisage jusqu’à Lamalou, et d’autres grimpent déjà vers le Caroux.
Il y a de l’ambiance à Faugères, avec les jeunes Méga Volts, et les accompagnateurs profitent de ce coin animé.
Renaud, qui connaît bien le secteur, en met un rayon au Tantajo, d’où 3 coureurs quittent le sentier pour aller visiter Bédarieux by night, ce qui leur vaudra de se faire raccompagner à Lamalou par l’organisation, mais pas mis hors course. Attention que cela ne devienne pas une habitude…
À la Coquillade, qui s’atteint après une belle bosse, Renaud file toujours, suivi non loin par les relais à trois Cyrille Raquin des Raid Hot Chili Trailers et Jonathan Maljounal du Team Intersport Devoluy.
Ces positions ne changent pas nettement à Lamalou, tandis que Raphaël devient le leader solo après 4h29’ de course pour les 45 km et 2 000 m+ de la section dite « roulante ». Il est talonné de près, à 2’, par Frédéric Jouband, puis à 4’ par Sylvain du Team New Balance, qui semble mener son affaire tranquillement, sachant à quoi s’en tenir pour avoir reconnu une partie du Caroux…Franck Gilleron est en embuscade, ainsi que Bruno Bottollier. Hervé souffre du sommeil et ne s’en remettra pas. Un mal contre lequel il est très difficile de lutter, voire impossible. Côté féminines, Véronique Chastel s’est égarée 30 minutes, et prend du retard sur Janick Delva venue de Belgique.
L’organisation reçoit pendant ce temps de nombreuses infos du parcours, de la visibilité, du balisage. Tout est OK, même la pluie qui commence à tomber ne paraît pas inquiétante. Inquiets, Antoine Guillon et Pascal LLagone le restent quand même, connaissant le Caroux et ses brusques changements.
Antoine se poste à Colombières d’où peut démarrer le parcours de repli si besoin est.
Florian Serres du TID y arrive en trombe, puis Renaud, qui passe le relais à Dawa Sherpa, puis Philippe Labourdette des RHCT, et enfin de Raphaël Bodiguel.
Alors que 10 minutes auparavant les voyants étaient encore au vert, Pascal Blanc et Guillaume Millet, qui se trouvaient sur le plateau, appellent soudain Antoine pour annoncer l’arrivée d’un brouillard très épais.
Aussitôt, la décision est prise de dévier la course, entraînant une suite de mesures à prendre, dont le rapatriement des 4 premiers coureurs. La société Live Trail fut d’une aide précieuse pour gérer la crise, avec une vue précise du positionnement des coureurs et l’estimation du temps qu’ils passent entre deux ravitos. Dawa, le premier au sommet, fera demi tour avant même de rencontrer Pascal et Guillaume. Raphaël sera intercepté par un contrôleur à mi pente. Un bénévole est mis en poste à la jonction de la déviation et notera le temps intermédiaire pour les 4 concurrents. En retrait, des coureurs se perdent vers Madale, tant par le brouillard qui continue sa descente que par la présence d’un double balisage d’une course VTT. C’est vraiment la guigne. Quand quelque chose va mal…Bon, les pompiers en 4x4 sont guidés sur place et remettent les égarés sur le droit chemin. Pendant ce temps, Pascal LLagone annonce un Montahut lui aussi inaccessible. Ce cas peu probable va retarder un peu les premiers coureurs, car il faut alors les retenir à Mons la Trivalle (6 solos et 9 relais, 58’ pour Sylvain, le maxi) le temps de baliser en urgence la piste verte jusqu’à Olargues. Pas drôle, mais ça sauve la course, gênant un peu les 15 coureurs concernés par ce petit arrêt, mais restant fluide pour les 250 autres.
Soit un total de 14km et 1300m+ en moins, ce qui, compte tenu des conditions climatiques reste un bon ultra.
La course reprend, vite bien sûr pour des trailers qui veulent en découdre, et le premier solo à arriver à Olargues est le Stéphanois Sylvain Couchaud, Raphaël et Bruno Bottollier. Ces trois-là se détachent petit à petit, et dans l’ascension du fameux Pic de Naudech, 300 m+ en 900 m linéaires, les écarts se creusent avec leurs poursuivants. Véronique rattrape le temps perdu et prend la tête de course chez les femmes, remontant du même coup au classement scratch, s’approchant du top 10 !
Devant, Dawa vole au dessus des cailloux humides, et arrive en un temps record à Roquebrun, 13h02’ remportant le relais à 2. Raphaël Pedros et François Caumes prennent la 2e place en 13h51’, Didier Panelli et Jérôme Ruffier Monet la 3e en 15h34’.
Il faudra décompter les arrêts et le temps de déviation pour replacer dans l’ordre le tiercé des relais à trois. Le Team Intersport Devoluy termine en moins de 13h, suivi des Raid Hot Chili Trailers et du Team Verticausse.
La fin de parcours, avec la longue montée à la Tour du Pin, va permettre à Bruno Bottollier de revenir sur Raphaël Bodiguel, qui rappelons-le, est monté un moment vers la Fage. Cette baisse de régime est donc tout à fait louable.
Devant eux, Sylvain s’est nettement détaché, recevant une douche à chaque virage en prenant de plein fouet les bruyères arborescentes chargées d’eau et arrive enfin à Roquebrun en 13h48’. Bruno, du Talon d’Achille Asics prend la 2e place en 14h28’, et Raphaël la 3e en 14h38.
Véronique Chastel l’emporte en 15h33 à la 9e place au scratch, devant Janick Delva en 15h47, 15e au scratch. Christelle Casenobe termine 3e en 19h28.
L’organisation a tenu compte des surplus de temps consécutifs aux modifications de parcours, pour les trois premiers des courses relais et solos.
Pour la suite, jusqu’au 7e solo, quelques modifications auraient pu être apportées, mais c’était le choix de l’organisation de ne pas tout perturber pour quelques minutes, sachant que les 10 premiers étaient de toute façon récompensés.
Ceci dit, ce n’était pas terminé pour tout le monde, loin de là, et de retour de cette 6666 Occitane, beaucoup se souviendront des bruyères arborescentes…Dire que nous manquons d’eau dans notre région aurait été déplacé ce jour-là. Ben voilà, ça tombe pas souvent, mais quand ça s’y met, ça ne fait pas semblant, et comme les plantes n’en ont pas l’habitude, elles s’écroulent.
Quel plaisir tout de même, ces petit sentiers typiques, et quel plaisir de devenir expert en cailloux après les avoir esquivés, sautés, grimpés, après avoir maîtrisé ou pas nombre de dérapages ! C’est aussi ça la 6666 Occitane, du technique, du raide, mais jamais gratuit, toujours pour profiter de quelque chose, un clin d’œil ou une vue. Oui d’accord, la vue, elle n’était pas toujours top ce week-end-là, mais un jour viendra…
Car le prochain rendez-vous sera les 1-2 et 3 juin 2012, et là, au son des cigales, vous nous en direz des nouvelles. Chaud il fera, sans doute, mais promis, de l’eau vous aurez, qui ne viendra pas du ciel cette fois, mais de bonnes grosse citernes, pour vous rafraîchir, vous asperger, vous doucher, bref, pour que vous soyez très nombreux à l’arrivée.
La 6666 Occitane, un ultra difficile, mais qui se termine, comme l’attestent les 80% de finishers en 2011.
BRAVO À TOUS
Antoine