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Le 28 mars 2011

Nous abordons le dernier mois de préparation, c'est-à-dire plus grand-chose, deux semaines de volume et deux semaines en douceur. Regardez bien où vous mettez les pieds ! Je reçois des messages m’annonçant une entorse par ci une entorse par là, c’est trop bête. Ne tentez pas le diable en testant un terrain dangereux ou en dévalant une pente scabreuse. Je suis navré pour ceux qui en sont victimes aujourd’hui, et le pire est que bien souvent cela arrive sans faire le zouave.

Difficile de déterminer le moment où ralentir l’entraînement.
Ma technique est décrite plus bas, au 27 février. Ce qui se traduit par une envie de courir accrue, et même des doutes quant au bienfait de réduire autant. J’ai beau savoir que ces doutes sont de bon augure pour ma future prestation, ils n’en sont pas moins pénibles à supporter. En gros, le degré de raz le bol de moins courir est inversement proportionnel à la satisfaction qui va suivre.
Pour patienter, relisez les infos sur le parcours, les petites chroniques, peaufinez votre matériel, votre alimentation. A ce sujet d’ailleurs, vous aurez sans doute lu le détail de ce que nous vous proposons sur les stands ravito. C’est très varié, et nous espérons que cela répondra à toutes les attentes.
Si malgré tout, un coup de mou survient pendant l’effort, tout n’est pas perdu. Et ça tombe bien puisque rien n’est jamais gagné non plus ! Selon l’importance du coup de mou, voilà comment je procède :
- En premier lieu, l’idéal est de le sentir venir. Je pars toujours du principe que quand il y a un doute, c’est qu’il n’y a pas de doute, ça va partir en vrille. Donc, la pose de pied ratée une fois, puis deux, sans raison apparente, est pour moi un avertisseur ; tout comme une baisse de régime lors d’un effort régulier, ou l’attaque difficile d’une montée après une longue descente.
A la TransgranCanaria, en plus de sentir une légère baisse de régime, j’avais une envie de resto chinois ! En plein ultra, encore un signe révélateur qui m’a poussé à manger immédiatement et à m’interroger pour la suite.
Aussitôt, je prends un gel, en trois fois, que je laisse quelques secondes sous la langue. Ça peut aussi être un bout de chocolat ou de pain d’épice à mâchouiller et laisser fondre sous la langue également. Au premier ravitaillement je prends alors une bonne soupe avec des pâtes ou vermicelle pour compenser.
- Si c’est le coup dur que l’on n’a pas vu venir, ou qui ne passe pas, classique si l’estomac atteint le point de non retour, nous conduisant droit à l’hypoglycémie, alors j’ai déjà eu recours à une autre méthode (UTMB 2006). Je me fais vomir pour libérer l’estomac, puis tout en marchant (il ne faut pas essayer de courir de suite) je prends une petite gorgée de boisson énergétique, puis tente un peu d’alimentation qui me fait envie, barre ou noix de cajou salées. Quand l’estomac fonctionne à nouveau, l’effet ne trompe pas, et c’est reparti, parfois de manière formidable, je vous le garantis.
Donc, ne pas s’affoler, garder à l’esprit que ce n’est qu’un mauvais passage, tout comme en haut de la côte il y a la descente qui suit.
Sachant cela, il est important d’avoir au fond du sac, une barre ou un gel de secours réservé à cet usage.
Il me reste à vous souhaiter bon appétit.

A+
Antoine


Le 20 mars 2011

Tiens ! Comme nous n’organisions pas de reco ce week-end, nous avons eu un superbe temps, et pour cause, le printemps est arrivé. Quel bonheur de sentir le soleil chauffer notre peau, de sortir sa tenue courte pour une belle sortie trail.


Je ne m’en suis pas privé, et c’était d’autant plus agréable que le sol a réussi à entièrement absorber les 300mm d’eau tombés. La moitié de notre pluviométrie annuelle soit dit en passant.
On peut toujours parler de notre résistance, mais que dire de celle de tous ces insectes, de toutes ces abeilles et bourdons, de tous ces papillons profitant déjà des premières fleurs de la garrigue ? J’ai croisé quelques lézards bien vifs sortis gober ce qui bourdonne. Attention, le jour de la course, ils seront aussi gros que la sardine du port de Marseille, et alors ils se nourriront de tout ce qui bouge…. C’est pour ça que le départ a lieu à la tombée de la nuit, où en principe ils dorment, en principe seulement.


De cette faune bien réveillée, le représentant le plus bruyant, que vous ne manquerez pas de remarquer, c’est la grenouille vailhanaise. Tout un programme, représentation chaque jour et surtout chaque nuit. Elles sont lancées pour un moment, et vous attendent pour une crapophonie extraordinaire. C’est une des animations de la 6666 Occitane.


Plus discrets, chats sauvages, fouines et putois, jalonneront votre itinéraire nocturne de leurs yeux rétro réfléchissants. On ne se contentera pas de ce simple balisage, rassurez-vous. Vous aurez de la rubalise spéciale nuit, un peu de peinture rétro réfléchissante pour les intersections, et surtout un contrôle permanent du parcours par des ouvreurs, dont Pascal et moi.
Faites gaffe, n’écrasez pas les salamandres, à la robe jaune et noire, qui s’aventurent lentement sur les chemins.


Présents également en grand nombre en 2010, les sangliers seront de la partie sans aucun doute, puisqu’ils ont repéré les lieux, m’ayant bousillé un sentier nouvellement tracé. Ils connaissent le parcours, sont hyper entraînés, sortant tout juste d’un hiver de chasse poursuite, en gros, un ultra deux fois par semaine ! La nuit, ce n’est pas leurs yeux qui trahiront leur présence, plutôt le bruit qu’ils font quand ils détallent ou qu’ils chargent. On aperçoit alors leur grosse silhouette, plus grosse que la sardine du….enfin bien balaise, et vous en oubliez toute gestion d’effort, toutes foulées rasantes, et c’est parti pour une bonne suée. Mine de rien ça égaye une soirée à la belle étoile tout ça. Que de souvenirs vous emporterez ! Et je ne parle là que de la nuit…


Le jour, vous aurez une nuit derrière vous, remarque intéressante me direz-vous. Ne faites pas les malins, en ultra trail, ça sous-entend bien des choses. Alors bien sûr, si vous n’avez pas rencontré trop de sangliers, vous serez encore frais pour traverser le Caroux, et je vous souhaite d’y rencontrer les mouflons, non pas pour monter sur leur dos, mais pour admirer leur agilité dans les rochers, leur force tranquille. Dites-vous que vous avez 45 km dans ce massif pour apprendre à courir comme eux.
Bon, ça ne marche jamais, j’en ai fait la triste expérience, mais c’est toujours positif d’y croire, et ça donne une bonne raison de continuer d’avancer. Et avancer, y’a intérêt, par ce qu’en guise de yéti pour les retardataires, il y a la barrière horaire, une sale bête qui rode dans les zones de ravitaillement. Assez lève-tard sur notre épreuve, elle est de tempérament féroce le moment venu. Heureusement, elle n’attaque pas dans le dos, on la voit venir. La plupart du temps, le coureur, pourtant conscient du danger, court vers elle. Il connaît ses heures de repas, fournies par l’organisation (c’est fou comme on se soucie de tout), et accélère pour la narguer. Attention, cette technique est dangereuse, et la bête, infatigable elle, ne ratera pas son coup.


Après toutes ces émotions, vous arriverez sains et saufs à Roquebrun, et pour le coup, c’est vous qui sentirez la bête !


A+ Antoine.


Le 13 mars 2011

Salut à tous,
A la place du soleil espéré, c’est une grosse dépression qui a recouvert l’Hérault pendant la reco « intégrale ». Décidément, nous manquons de chance avec ces reco, la neige en janvier, et maintenant une pluie infernale. Gageons que ces soubresauts météorologiques seront inversement proportionnels le jour J.
Autrement, va falloir être équipé d’un moral d’acier, car entre les bruyères arborescentes pliées par le poids de l’eau et vous offrant la douche maxi dose, les dalles glissantes du Caroux, le vent glacial et violent de son plateau, les pieds pataugeant dans les ruisseaux spontanés, le repas d’après course va vous sembler une récompense bien difficile à atteindre.
C’est pourtant ce qu’une quinzaine de trailers ont vécu ce week-end. Finalement, une fois partis, nous avons pris notre mal en patience, apprenant au fur et à mesure de notre progression à déjouer les pièges.

Récapitulons pour des conditions identiques, car il n’est pas exclu qu’on en soit victime fin avril :
Vailhan Lamalou avec une végétation serrée dégoulinante, mais sur un sol parfaitement absorbant.
La descente sur Colombières n’est pas trop casse gueule, présentant néanmoins quelques larges dalles à éviter soigneusement, ou à prendre légèrement penché en avant, le centre de gravité baissé, avec pose de pied à plat voire même en légère pointe. Globalement, il faut penser à se fléchir pour parer le dérapage.
La montée qui suit pour la Fage était parsemée de flaques inévitables. Chaussures étanches ou pas, j’ai testé les deux, c’est le bain de pied, alors autant prendre une paire qui évacue. Donc, en cas de bonne pluie annoncée, compte tenu du parcours, une paire étanche, jusqu’à Colombières, serait intéressante, mais pas au-delà (ça tombe bien de profiter du sac coureur à cet endroit).
Arrivé à la Fage, se préparer mentalement à traverser une zone tourmentée très pénible. Il reste 300m+ dont les deux derniers tiers sont déjà exposés au vent et à la pluie cinglante. Le plateau est un moment difficile mais relativement court, 20 minutes. J’ai regretté de ne pas m’être équipé de gants étanches.
La descente sur Mons la Trivalle est délicate surtout dans la première moitié, à cause des petits ruisseaux qui se forment sur le sentier. Pour le reste, veiller constamment à anticiper la chute en gardant la posture fléchie.
La suite est plus facile, avec juste un secteur délicat après la forêt de hêtres dans l’ascension du Montahut. On y rencontre de gros rochers qui imposent d’utiliser les mains en appui.
La longue descente sur Olargues est stable, avec un sol terreux absorbant.
D’Olargues à l’arrivée, c’est de nouveau la végétation serrée, douche assurée jusqu’à la descente finale enfin dégagée, mais sur un sol absorbant.

Finalement, c’est tout à fait faisable, mais il faut l’avoir en tête et avoir du bon matos.
Surtout, ne pas hésiter à amener votre garde robe de trailer hivernal et du rechange, puisque nous assurons le transport d’un sac à mi parcours et pour l’arrivée.
A+
Antoine


Le 27 février 2011

Puisque je suis à 5 jours de mon prochain ultra, la Transgrancanaria, je vais vous faire partager mon protocole alimentaire et ma fin de préparation physique, qui pourra peut-être donner des idées.
De manière quotidienne, mais c’est encore plus utile à l’approche de la compétition, j’évite les aliments acidifiants, laitages, pain blanc et farine blanche, viande rouge, charcuterie, café.

A moins dix jours, je commence à penser aux réserves de glycogène, en variant tout d’abord les féculents et privilégiant les légumes secs, pois chiches, haricots, lentilles corail- vertes- brunes, pois cassés (une portion par jour). Une autre portion par jour de féculents comme le riz complet, le quinoa, l’orge, le blé, le sarrasin. Je ne néglige pas les protéines animales, avec chaque jour du poisson ou de la viande blanche. Fruits et légumes en petites quantités.

De moins 7 à moins 5 jours, je privilégie le mélange riz- légumes secs dans la même portion (2/3 de riz). Le reste ne change pas.

A partir de moins 5 jours, je stoppe les légumes secs, passe à deux fois par jour au riz.

A moins 2 jours, je ne mange plus de légumes frais, ni fruits frais, mais en compote cuite oui.

Le jour J, si le départ est le soir, je prends un petit déjeuner avec lait de soja ou de riz, céréales comme les flocons d’avoine, protéines animales comme le jambon, compote, pain maison avec farine ni blanche ni complète.
Le dernier repas est léger, pas de légumes du tout, un peu de riz, du poisson, une banane, de la compote de marron.

Les trois derniers jours, je ne cherche pas à manger en grosse quantité, pour prendre le départ avec un estomac assez reposé. Par contre, pour être certain de mes bonnes réserves en glycogène, je prends de la boisson recharge glucidique, comme le Pro Dextro de GO2, à -3-2-1 jour, me laissant libre le dernier jour.

Ne pas oublier de boire correctement, 1,5l par jour pour moi, entre les repas.

Côté préparation physique, je commence par faire la sieste le plus souvent possible, c’est plutôt cool, à deux semaines de l’objectif.
L’avant dernière semaine, j’enlève un tiers de mon dénivelé habituel, abaisse d’autant le nombre d’heures d’entraînement.
La dernière, je stoppe le vélo, et pour un départ le vendredi soir, je cours une heure le lundi, avec de petits changements de rythme, mais pas violents du tout, 30’ le mercredi et 20’ le jeudi, histoire de garder des sensations de coureur et éviter de tourner en rond.

Sur ce, je vais continuer ma préparation. La prochaine chronique sera un peu décalée, et j’espère vous ramener un peu de soleil des Canaries où m’attend un bel ultra.

Antoine


Le 20 février 2011

Quand nous laissons libre cours à nos pensées, tout en avançant sans effort apparent, en oubliant le temps qui passe, avec cette impression de maîtrise parfaite de notre corps, nous touchons au Graal du trailer, nous touchons à l’ultra zénitude.
Cette ultra zénitude n’est pas l’effet du hasard, ou alors elle est éphémère, cachant peut-être même une hypoglycémie, tout comme un moteur s’emballe avant la panne d’essence, grillant les dernières gouttes d’énergie.
On peut tout à fait se préparer à ce qu’elle soit notre alliée sur la quasi-totalité d’un grand rendez-vous d’ultra trail. Qu’est-elle en réalité, sinon une zone rythmique idéale, une fluidité à l’image du doux ronronnement que l’oreille perçoit dans le moteur à essence précité.
L’entraînement est bien sûr le moyen de repérer et faire durer cet état, encore faut-il pour cela aller le chercher ; je m’explique :
Un départ d’ultra est souvent plus rapide qu’on ne le souhaiterait, propulsés que nous sommes par l’excitation, survoltés par l’énergie contenue dans nos batteries, entraînés par la foule de trailers. Nous sommes tout simplement maboules et heureux de l’être.
Ce n’est qu’au fil des minutes, ou des heures pour certains, que nous trouvons un confort relatif, voire extra si on sait reconnaître les sensations idéales.
Pour cela, il est nécessaire de s’entraîner une bonne part en douceur sur de longues sorties, passant quelques heures sur le terrain, cherchant l’économie du geste, la trajectoire optimale, le confort physique. D’où l’intérêt de réaliser un bloc sur un week-end ; un enchaînement de sorties longues qui permet de trouver ses marques, de se familiariser avec le matériel pour qu’il ne soit jamais une gêne, de sentir le moindre accroc dans les rouages de notre belle mécanique. Ainsi, il devient naturel de déterminer le moment de s’alimenter, de choisir cet instant par rapport à un rythme cardiaque ou à un mouvement de terrain, plat, côte, descente, de percevoir le moment propice pour trottiner à nouveau après une ascension à la marche.
Si bien que le jour J le bon tempo devient évident à cibler, et rapidement adopté, pour une meilleure gestion d’ensemble.
Le cumul peut représenter 4 à 6 heures le samedi et autant le dimanche, mais pas plus d’une fois par mois. Lors de reco, il est possible d’aller bien au-delà, de 6 à 10 heures tranquillou. Cela doit rester exceptionnel.
Bien penser à récupérer pendant trois ou quatre jours après le bloc.

L’enchaînement d’ultra joue très certainement un rôle dans notre progression, étant un terrain d’observation parfait sur nos capacités d’adaptation, étant aussi révélateur de nos points faibles, mais il ne remplace pas l’entraînement, cette somme de sorties qui détermine nos stratégies de course.
Il reste encore assez de temps d’ici le départ de la 6666 Occitane pour caser un bon bloc, et pourquoi pas la reco des 11-12-13 mars.
A chacun son rythme, à chacun son Graal, à tous l’ultra zénitude.

Antoine



Le 13 février 2011

Comment se fait-il qu’à part quelques sangliers je ne rencontre personne sur les sentiers vailhanais ? Question que je me pose souvent, pas vraiment existentielle me direz- vous, mais dont la réponse, que je ne connais pas, doit avoir un rapport avec ma classification chez les fous. Ce curieux sentiment d’être le seul à profiter de ce qu’un espace naturel peut offrir, hormis avec mes compères à quatre pattes, me donne l’impression d’être en marge de « l’homo sapiens bituminus ».
Ce dernier, très attiré par cette matière pétrolière, l’étale généreusement en bandes dans les espaces verts, dans toutes les directions, multipliant les accès chez Dame Nature, sans pour autant les explorer, nous rendant, à nous trailers, la tâche pas si désagréable de les fouler, voire d’y tailler des passages.
Et plus il y a de chemins, moins nous avons de chance de nous rencontrer, bien que cela arrive parfois dans certaines contrées, et c’est peut-être pour cette raison que certains « homos sapiens buissonnus » organisent des rassemblements appelés « trail » ou « ultra trail ».

Fous sans aucun doute, car au lieu de profiter de ces retrouvailles en un lieu donné et d’y rester, nous partons en courant, semblant nous fuir les uns les autres, avec pour but obnubilatoire d’atteindre une ligne de fin de crapahutage extrêmement éloignée. Alors que dans nos promenades quotidiennes nous allons d’un rythme paisible, l’excitation nous gagne, pour une raison inconnue, et au risque d’en vomir, nous poussons la machine au maximum, nous arrêtant à peine dans les lieux de ravitaillement, sans doute à cause du bitume qui entoure généralement ces zones…
Et oui, il faut bien nous ravitailler, car la ballade n’en finit pas, et il n’est pas rare qu’elle se poursuive la nuit ! Invraisemblable, et nous méritons bien de passer pour des fous. Quel spectacle pour les « bituminus », de nous voir appuyer sur les bâtons quand les jambes ne nous portent plus, et disparaître sur les chemins instables et pentus, sûrement plein de sangliers…Alors qu’il suffirait de suivre la ligne asphaltée.
Et que dire de notre gastronomie ! Tubes de gel sucré, tucs salés à la suite, soupe et banane, coca pour faire passer le tout. Ça n’a rien d’un buffet de campagne, mais ça nous aide à la traverser, et c’est avec un zèle non dissimulé que nous nous y attelons, le sourire aux lèvres.
De temps à autre, nous cheminons à deux, partageant les difficultés rencontrées, et c’est là, réellement, l’occasion de faire connaissance. Quelle n’est pas notre surprise d’apprendre qu’untel est un ex-bituminus ! C’est le moment, en toute confiance, d’avouer l’avoir été, et de se féliciter de faire partie des buissonus à présent.
Par quel hasard ce nouveau penchant ? Difficile à expliquer. Peut-être l’envie de rencontrer l’homologue sauvage et vivant du jambon sous cellophane. Peut-être celle de découvrir ce qui se cache entre les bandes que nous contribuons à étaler et pour lesquelles nous culpabilisons ?
Peut-être aussi pour vivre une histoire, avec ces moments qui filent en douceur, que rien ne semble pouvoir arrêter, et ces autres, qui paraissent insurmontables, mais que nous apprenons à maîtriser, à dominer et à remplacer par du positif, pour finir en beauté, heureux et fiers.

Sûr qu’être buissonus me remplit de fierté ; celle de faire honneur à ce que notre planète recèle d’espaces variés en les foulant d’un pied respectueux, celle d’explorer les limites de ce que peut permettre le corps, quitte à préférer un gel à un plat délicat. Celle de prendre le temps d’échanger, de se remettre en question pour avancer encore plus loin.
Être buissonus, c’est tout ça, mais bien plus encore, car il nous est donné de laisser divaguer nos pensées quand nous sommes seuls sur les chemins. L’esprit s’évade, et se prend à rêver d’un prochain rassemblement, promesse de bien des joies.


Antoine.


Le 6 février 2011

Vos centaines de pieds qui trépignent derrière l’arche de départ, vos fourmillements dus à l’allègement de la dernière semaine, votre échine parcourue de frissons déclenchés par l’ambiance si particulière d’un départ d’ultra, vos regards déterminés ou inquiets, votre impatience d’en découdre avec le parcours imaginé, décortiqué, rêvé, seront bientôt réunis à Vailhan pour une nouvelle aventure ultra magique, la vôtre.

Dans deux mois et demi, la douce musique du départ vous libèrera sur nos sentiers héraultais, où le moindre écart fera monter à vos narines dilatées des fragrances de thym, mais pourra tout autant vous faire chuter dans la lavande ou percuter le tronc rude et noueux d’un arbousier.
La tête dans les étoiles, le regard concentré sur le faisceau de votre frontale, le pied léger, le sourire aux lèvres, vous avancerez, force tranquille, défiant la nuit de vous inviter à dormir, décidés à accueillir le lever du soleil, témoin de votre invulnérabilité. Vous puiserez en lui une nouvelle énergie, qui tombera d’ailleurs à pic puisqu’elle coïncidera avec votre entrée dans le Caroux.

Dans deux petits mois et demi, vous cheminerez dans la caillasse des gorges de Colombières et d’Héric, imitant les mouflons, avec peut-être un peu moins d’aisance, mais une détermination à toute épreuve, car être finisher c’est fouler l’esplanade de Roquebrun, et elle sera encore loin. Vous vous féliciterez d’avoir préparé vos pieds pour la circonstance !

Vent froid, grande chaleur, tout est possible au mois d’avril en terre méditerranéenne, et forts de le savoir, vous résisterez à tous les assauts de Dame Nature.

Plein les pattes, vous maudirez parfois les traceurs d’un tel parcours, mais l’enthousiasmomètre sera au maxi, car vous en aurez vu des belles choses….

Et c’est bien çà qui compte, au final, tous ces simples moments de joie déclenchés par le mariage d’un beau paysage et de l’effort fourni pour l’admirer.
Deux mois et demi pour fignoler la préparation et vous retrouver tous réunis pour un nouveau départ.
Antoine


Le 30 janvier 2011

Salut les explorateurs au long cours,

Long cours, à l’oreille « l’on court », c’est pas désagréable à entendre pour nous autres ultra trailers ; ça évoque ce qui nous passionne, ce qui occupe une bonne part de nos activités et de nos pensées quotidiennes.

Un moment de libre, l’on court bien sûr ; il fait beau, l’on court pardi ! Et si le temps est pourri ? L’on veut courir quand même…

Et pour preuve, la fameuse reco du week-end.

Pour commencer samedi matin, il faisait à peu près le même temps que dans un lave linge, en plus froid (là c’est le ressenti d’un sudiste), puis vers 500m d’altitude, la neige remplaçait la pluie, nous offrant un spectacle inattendu, recouvrant rapidement les lézards surpris d’une bonne vingtaine de centimètres.

Qui l’eut cru une heure plus tôt ? C’est un des avantages d’être ultra trailer nous disions-nous à cet instant, le sourire aux lèvres, heureux à la perspective de partager ces simples moments de joie pour toute une journée.

Et dire que quinze jours avant je participais à un trail blanc presque sans neige, à 2 000m !

La descente de Colombières dans ces conditions, c’était plutôt cool, souple sous le pied, alors que les milliers de petites dalles cachées vous rappelleront bientôt qu’elles tapissent le chemin, qu’elles sont le chemin !

Petit rinçage à l’eau claire sous les 500m, et retour à la poudreuse immaculée dans l’ascension de la Fage.

L’étonnement et les exclamations de bonheur ont vite été remplacés par des remarques plus terre à terre, « j’ai les doigts gelés », « c’est casse- gueule », par des chutes (c’était donc une bonne remarque), par de l’inquiétude aussi à la vue de l’épaisseur croissante de la couche de neige, laissant imaginer le pire sur le plateau situé à 1 080m.

La bonne connaissance du parcours nous a permis, à Pascal et moi, d’entraîner le groupe en sécurité jusqu’à Mons la Trivalle, après avoir traversé le plateau dans plus de trente cm, sa forêt méconnaissable, et son début de descente invraisemblable.

Mais la décision était déjà prise de stopper en bas, car la suite aurait été risquée. On ne fait pas du trail pour prendre des risques.

On gardera donc un bon souvenir de cette excursion, et encore une belle leçon.

La montagne est vraiment extrêmement changeante. Nous en avons de nombreux exemples, mais c’est souvent avec réticence que nous capitulons.

Après cette petite expérience du week-end, je pense à la liste du matériel obligatoire des ultras en général, et je me dis que nous prenons un minimum finalement.

Pour la 6666 Occitane, étant donné que nous offrons la possibilité de déposer un sac à Colombières, il serait bien d’y caser une Gore Tex. Elle y resterait si le beau temps était là, très probablement à cette époque, mais elle pourrait faire de votre course une réussite en cas de pluie et vent.

Pour être plus précis, j’étais équipé de gants, d’un tee-shirt manches longues, d’une micro- polaire, d’une Gore Tex et d’un bandana couvrant bien le visage, et j’ai vraiment caillé bien qu’ayant le vent dans le dos. Nous n’étions qu’à 1 000m…

Aujourd’hui, quelques heures après cet épisode glacial, nous avons couru d’Olargues à Roquebrun, où l’esplanade d’arrivée nous accueillait, entourée de ses mimosas couverts de fleurs.

Terre de contrastes, l’Hérault vous attend pour une belle aventure.

Antoine


Le 23 janvier 2011

Salut les déjà et futurs 6666 Occitanistes,

Etre finisher, voilà qui va occuper vos pensées un bon moment, quand vous aurez pris le départ de Vailhan. Pour y parvenir, nul doute que vous êtes déjà en train de tout mettre en œuvre.

Hormis être capable de courir et barouder longtemps, il sera nécessaire de supporter le dénivelé important de l’épreuve, positif bien sûr, mais négatif surtout.

Vous rencontrerez dans le Caroux, trois descentes.

La première pour rejoindre Colombières, est longue, régulière, très caillouteuse, et c’est justement ce dernier point qui peut la rendre délicate. Il faudra y chercher la souplesse et faire attention à ne pas s’emballer, d’autant qu’après, un plat de résistance vous attend pour grimper au plateau du Caroux par la Fage.

La deuxième en est une fameuse, de 850m-, appelée le Sentier des Gardes. Située au 67e km environ, elle est redoutable par sa technicité au début et ses marches à répétition, assez hautes. Autant dire qu’on y casse des fibres musculaires si on n’y prend garde, ou si on n’y est pas préparé.

La troisième est nettement moins compliquée, pour passer du Montahut à Olargues, mais c’est encore 850m- à se taper après ce que vous viendrez de vous envoyer.

Il est donc important de vous préparer au mieux à cet exercice.

L’idéal est de trouver de longues descentes, mais ce n’est pas possible pour tous, surtout en hiver. Sans monter bien haut, je suis partisan des bosses à répétition. Je fais très souvent des enchaînements de montées- descentes de 100m+ et -. C’est moins difficile à trouver, et rudement efficace. Si le terrain est technique c’est encore mieux. A enchaîner 10 fois, une fois par semaine idéalement, et parfois en cumul à une sortie douce d’1h30 de vélo pour retrouver les petites sensations de lassitude, excellent mentalement. A noter qu’il n’est pas nécessaire de faire monter le cardio dans les ascensions systématiquement ; je préconiserai même le contraire, le but de l’exercice étant le cumul de dénivelé négatif.

J’arrête ce genre de sortie 10 jours avant l’échéance, pour garder de la fraîcheur physique.

Alors si vous avez près de chez vous de petites bosses, ou de grands escaliers, c’est le moment de passer pour des fous, si ce n’est déjà fait.

A bientôt

Antoine




Le 16 janvier 2011


Salut à tous,

Tout juste de retour de la Romeufontaine, après une victoire serrée et une journée sous la marque du soleil, ce qui m’inspire ce soir est l’utilité de deux pratiques sportives complémentaires.

Si les gambettes répondaient bien aujourd’hui, c’était bien grâce au cumul vélo- trail. Mais ça peut tout aussi bien être le ski de fond. A mon sens, il faut cumuler, déjà pour éviter de trop charger à la course à pied et ainsi limiter les risques de blessures, et d’autre part, ça permet un développement musculaire plus complet pour notre pratique exigeante.

Et mine de rien, le compteur affiche plus d’heures de sport, ce qui nous prépare bien pour l’ultra, et mentalement, c’est que du bonus.

Pour ceux qui en ont l’habitude, faut pas s’en priver, à 3 mois de notre 6666 Occitane, et pour les autres, ça vaut le coup d’essayer, d’autant plus que les effets bénéfiques se font vite sentir.

Une de mes dernières semaines, j’ai cumulé de la façon suivante :

Lundi : 37’ de vélo.

Mardi : 15 km trail, 610m+, 1h26’ + 2h10 de vélo.

Mercredi : 38’ de vélo.

Jeudi : 15,5 km trail, 660m+, 1h29’ + 1h19 de vélo

Vendredi : 14,4 km trail, 560m+, 1h24’ + 39’ de vélo.

Samedi : 10.9 km trail, 420m+, 1h02 + 1h 24 de vélo.

Dimanche : 17,5 km trail, 650m+, 1h39.

Au total, ça fait pas une grosse semaine kilométrique trail, 73,3 km, mais pas mal d’heures grâce au vélo (6h47’ en +), soit 13h57’. Le cumul est valable, le sportif est satisfait, et le jour J, ça court tout seul ! On peut remarquer que chaque jour j’ai une activité au minimum, que je me garde malgré tout deux jours de repos trail sans en profiter pour charger en vélo, car il ne faut pas oublier que le repos fait partie de l’entraînement.

Mes parcours vélo sont sur route, assez vallonnés, avec un VTT, en fréquence 70-80 tours minutes. Je pédale dans toutes les descentes pour ne pas trop baisser le cardio.

Pour les novices en la matière, deux sorties d’une heure avec le cumul trail fera l’affaire les premières semaines, histoire d’apprécier le travail.

D’une manière générale, je case le vélo le midi, et le trail le soir. Il reste exceptionnel que je pose le vélo et enquille directement la course à pied.

Bien entendu, il faut boire davantage tout au long de la journée.

Allez, à vos pédales ou skis, et à la semaine prochaine.

Antoine




Le 09 janvier 2011

Salut, les traileurs et traileuses,

Je propose de vous retrouver sur cette page chaque semaine, pour vous donner des infos toutes fraîches sur le terrain, comme aujourd’hui, des idées d’entraînement pourquoi pas, en vous indiquant par exemple ce que j’ai fait moi-même, et sans doute d’autres sujets qui viendront s’ajouter à l’envie.

Aujourd’hui donc, Pascal et moi, vos tortionnaires de service qui ne vous veulent que du bien, avons, pour vous le prouver, arpenté en long, en large et en travers le secteur final de la Tour du pin jusqu’à Roquebrun pour bien nous en imprégner et comprendre ce qui avait dérangé certains coureurs.

Et nous avons bien réalisé que le graphique du site était trop approximatif, et le descriptif du parcours trop succinct pour cette partie où mentalement et physiquement le traileur est en situation délicate.

C’est pourquoi vous pouvez dès aujourd’hui consulter les modifications apportées.

« Le parcours en détail » est à présent plus clair, mais je profite de cette page pour entrer encore plus dans les détails (on ne pourra pas dire que je ne prends pas soin de vous hein ?).

La fin comme si vous y étiez :

Après les efforts fournis pour grimper jusqu’à la tour du Pin, altitude 660m, il reste 11 km, ça descend bien en monotrace, pas vite parce c’est tortueux, puis vous débouchez sur une large piste sécurité incendie qui tarde un peu à descendre, mais sans aucune difficulté. La pente s’incline sur un bon km puis vous bifurquez à gauche, altitude 430m environ, ça descend sec, ça tournicote, la végétation est serrée. Le sentier s’élargit un poil par secteur, tout en atteignant 300m. Rapidement le chemin s’élève sur 100m+, obligeant à marcher, pour atteindre « Lou Caïre », belle propriété rénovée. 300m plus loin, vous traversez la route pour prendre une large piste en faux plat montant, qui vous conduit sur une monotrace très courte en forêt de pins, qui débouche à son tour sur une ancienne coupe de bois. Le sentier n’existant plus suite aux travaux, nous avons taillé un passage entre les souches qui redémarrent en buissons épais. Ce passage forme un dôme, et de son sommet, pour ceux qui y pointeront de jour leur museau écumant, vous apercevrez un pylône en face. Vous le rejoignez en descendant tout d’abord de quelques dizaines de mètres pour rejoindre une piste 4x4 qui remonte d’autant. Là, vous vous engagez sur une monotrace qui descend agréablement, à tel point qu’on espèrerait bien qu’elle nous mène directement à Roquebrun, mais non, il faut bien se dire qu’aujourd’hui nous avons mis 27’ au rythme des tous premiers.

Cette dernière partie se décompose de la manière suivante :

Cette monotrace donc, d’abord en forêt, bien descendante mais avec quelques légères remontées, se terminant encore par une ancienne coupe de bois plus âgée (7’ aujourd’hui).

Un bout de piste de 200m en faux plat montant au bout de laquelle vous tournez à gauche, sur le même type de sentier, en forêt toujours, ponctué de coups de cul plus marqués, jusqu’à atteindre la végétation rabougrie (8’ aujourd’hui) qui marque la vraie descente finale.

Rapidement vous apercevez le village de Roquebrun. Le sol est caillouteux, les buissons lèchent vos mollets, mais vous n’avez d’yeux que pour le site en contrebas qui vous tend les bras. Vous y êtes presque, quelques hectomètres parmi les premières villas méditerranéennes, un carré de vigne à contourner, la fraîcheur de l’Orb sur votre droite, et notre accueil chaleureux.

Vous voilà bien informés. Pour ceux que ça tente, je rappelle les dates de reco :

-29 et 30 janvier pour Lamalou- Roquebrun

-11-12 et 13 mars pour la totale

Amusez vous bien

Antoine